Et ça continue avec les
Tales issus du
Star Wars - La Saga en BD #05 !
------------------------------------------------------------
Une question d'honneur (Tales #22), par Ian Edington et Steve Pugh
Le rapport du commando clone RC-288 au Conseil Jedi à propos de la trahison du directeur Oviedo sur Asturias...
22 pages ! C'est à un véritable one-shot que nous avons droit avec ce nouveau récit issu des
Tales !
Et forcément, nous avons une véritable histoire qui se développe sous nos yeux. Nous voilà en pleine Guerre des Clones, avec des clones, des commandos, des droïdes de combat, un traître, un leader Séparatiste et une apparition de deux Maîtres Jedi en guise d'introduction et d'épilogue du récit. Pour un peu, on serait presque dans un roman
Republic Commando de Karen Traviss, le délire mandalorien en moins, ce qui est un vrai compliment !

Dynamique, rythmé, avec un petit retournement de situation en milieu d'épisode et un autre en fin, tout ça est plutôt cool.
Aux dessins, Steve Pugh livre une prestation des plus convaincantes. Les décors font parfois un peu vides et les cases sont par moments assez grosses, mais la colorisation et le sens du détail font mouches. Et puis dessiner des droïdes de combat en action n'est jamais évident, et là ils sont réussis.
Un très bon récit
Tales en somme, avec en prime une conclusion d'une rare lucidité de la part de Yoda, d'autant plus lorsqu'elle est écrite près de cinq mois avant la sortie de
La Revanche des Sith au cinéma !
Note : 90%
------------------------------------------------------------
Le Sith dans l'ombre (Tales #13), par Bob Harris et Jérôme Opena
Mace Windu conduit un apprenti Jedi sur une planète condamnée par le Côté Obscur afin qu'il accomplisse l'épreuve destinée à faire de lui un Chevalier Jedi...
Un
Tales qui met en avant Mace Windu ? On prend ! Et on prend d'autant plus lorsque le scénario nous offre une analogie avec la scène de la grotte du Côté Obscur sur Dagobah dans
l'Empire contre-attaque. Néanmoins, encore une fois, le court format fait que l'on survole le sujet. Il aurait presque fallu supprimer les deux premières pages et rallonger le passage dans le Temple. La morale de l'histoire est claire, et met paradoxalement en lumière l'un des principaux défauts des Jedi : leur arrogance, leur sentiment de supériorité. A vouloir tendre des pièges à leurs apprentis, pas étonnant qu'ils tombent dedans...
Aux dessins, c'est Jérôme Opena qui s'illustre, avant qu'il ne devienne la superstar du monde des comics (c'est lui qui illustrera l'arc inaugural d'un des innombrables relaunchs du titre
Avengers, c'est dire). Le dessinateur a une patte, un style, c'est indéniable, même s'il n'est pas encore passé à la peinture numérique, comme il le fera dans Green Lantern par exemple. L'ensemble est plutôt joli, même s'il faut adhérer au parti-pris visuel. Mais le découpage est extrêmement dynamique et offre une immersion totale, notamment toute la séquence dans le Temple.
Un
Tales sympathique en somme, qui n'apprendra cependant rien à qui veut en savoir davantage sur Mace Windu.
Note : 70%
------------------------------------------------------------
Naufragés (Tales #22), par Lucas Marangon
Un scoutrooper Impérial et un soldat rebelle oubliés par leurs hiérarchies respectives sur Endor se font face et vont s'allier pour comprendre ce qu'il s'est passé lors de la bataille...
Visuellement, comme tous les
Tales de Marangon, c'est un régal. C'est frais, c'est coloré, c'est extrêmement détaillé avec des personnages expressifs au possible. Marangon, j'adore !
Au scénario, c'est nettement plus profond que ce que l'on pourrait croire au premier abord. Bien sûr, l'intrigue est passée sur l'opposition – tant visuelle qu'idéologique – entre un soldat Impérial et un Rebelle, et démarre sur le ton de la comédie. Mais très vite se dégage un thème commun aux deux personnages : que peut faire un soldat, et a fortiori un soldat vaincu, dans une galaxie en paix ? Le rebelle et l'impérial vont tour à tout se poser la question, jusqu'à ce qu'ils découvrent que c'est bien l'Alliance Rebelle qui a remporté la victoire. C'est finement joué de la part de l'auteur, au point qu'il se dégage une certaine forme de mélancolie à la fin de l'histoire.
Une petite pépite, en fait !
Note : 100%
------------------------------------------------------------
Une soirée en ville (Tales #01), par Timothy Zahn et Igor Kordey
En fuite, Mara Jade fait une halte sur la planète Kintoni pour semer ses poursuivants. Mais lorsqu'elle découvre que le Général Crix Madine est lui aussi sur place, elle va en profiter pour remplir l'une des dernières missions de l'Empereur...
Joli cadeau pour les fans à l'occasion du lancement du titre
Tales : une histoire avec Mara Jade, écrite par son créateur Timothy Zahn ! Une soirée en ville s'inscrit donc dans la longue histoire qui sépare la Mara du
Retour du Jedi à celle que l'on rencontre pour la première fois dans le roman
L'Héritier de l'Empire.
Petit point noir, cependant : la surabondance des bulles de pensées. C'est certes le risque lorsqu'on met en scène un personnage solitaire, mais là, Zahn pousse le principe dans ses derniers retranchements : la moindre action ou raisonnement de Jade nous est décrit, narré, justifié, à tel point que si le lecteur en a pour son argent niveau quantité de texte, il a aussi de quoi être un peu soûlé à la longue. Heureusement, cela s'atténue vers la fin, à mesure que Jade interagit avec d'autres personnages dans une intrigue qui aura son lot de rebondissements.
Visuellement... le trait de Kordey a vieilli. Ça me rappelle Kilian Plunkett au début des années 2000, et le dessinateur fonctionne beaucoup sur les jeux d'ombres. Les personnages sont nettement distincts les uns des autres. Et on ne pourra pas faire l'impasse sur ce qui est sans doute la meilleure séquence du numéro : trois pages dessinées du point de vue de Mara Jade elle-même, donc en vue à la première personne. Immersion garantie !
Un
Tales historique, donc, tant en raison de son ancienneté que du choix du sujet. Les fans de Mara Jade le trouveront parfaits, les autres passeront un bon moment de lecture puisque le récit est très bavard... même pour un personnage silencieux comme l'ancienne Main de l'Empereur !
Note : 80%
------------------------------------------------------------
Une bonne cuvée pour ce cinquième numéro !
