Voici donc ma traduction de The Ground Beneath Us, une fic en quatre chapitres de stolen_pen_name23, qui m'a gentiment autorisée à partager son œuvre. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ^^
Le sol sous nos pieds
Chapitre 1 : NoviceLe garçon est en colère.
Obi-Wan peut difficilement le blâmer. Né esclave et élevé dans la prophétie, on peut comprendre que l’enfant a du mal à s’ajuster à une nouvelle vie libéré de ses liens.
Mais ça commence à déraper.
C’est la quatrième fois en autant de jours qu’Anakin est exclu de cours pour comportement perturbateur, et Obi-Wan se trouve un peu perdu.
Ensemble, ils retournent à leurs quartiers dans un silence de mort, mais la rage qui continue d’émaner d’Anakin dans la Force est assez bruyante pour le couvrir.
Une fois arrivés, sans un mot, Anakin traverse la pièce à pas lourds et sort un tapis de méditation.
« Anakin, qu’est-ce que tu fais ? » Obi-Wan essaie de ne pas laisser son exaspération pointer dans sa voix.
« Je sais que vous allez juste me punir encore une fois. »
Obi-Wan recule d’un pas.
« Anakin, la méditation n’est pas une punition. C’est une technique qui est importante pour les Jedi, surtout les jeunes Jedi, pour trouver et maintenir leur équilibre, dit-il. Il est important que tu comprennes que je ne te punis pas avec de la méditation. C’est une expérience sacrée et c’est important pour moi et tous les autres Jedi. Tu comprends ? »
L’air de s’être fait sévèrement réprimander, Anakin acquiesce. « Mais vous me le faites toujours faire quand je m’attire des ennuis.
— Généralement, quand tu t'attires des ennuis, c'est que tu es déséquilibré. C’est la raison pour laquelle je te fais méditer, pour que tu puisses te recentrer.
— Ça ressemble à une punition, grommelle Anakin.
— Alors peut-être que ma méthode de méditation n’est pas ce qu’il te faut », dit Obi-Wan en se caressant le menton, où le début d’une barbe hirsute commence tout juste à apparaître.
« Il y a d’autres méthodes ?
— Bien sûr, dit Obi-Wan. Il faut juste qu’on trouve celle qui te convient. »
Obi-Wan observe la façon dont Anakin s’agite. Le garçon est constamment en mouvement. Il est presque impossible de le faire s’arrêter ou même ralentir. Cela donne une idée à Obi-Wan.
« Mets tes bottes, dit-il. Et prends ton manteau, il fait froid dehors.
— On va dehors ?
— Oui. Dépêche-toi, la nuit va tomber. »
L’air de Coruscant est vif sans être mordant. Le niveau de pollution est faible aujourd’hui, aussi Obi-Wan ne se sent pas si coupable d’amener Anakin ici.
« Donne-moi la main, Anakin, il y a beaucoup de monde ici. Il est facile de se perdre. »
La crainte d’être perdu et seul dans ces rues oppressantes suffit pour qu’Anakin s’accroche fermement à la main d’Obi-Wan. Il trotte au côté d’Obi-Wan et regarde nerveusement autour de lui.
« Tu n’es pas habitué à la ville, n’est-ce pas ? demande Obi-Wan.
— Non. Mos Espa était la plus grande ville que je connaissais.
— Coruscant est un peu plus grande que Mos Espa. »
Anakin acquiesce.
« Allez, viens. »
Obi-Wan réduit sa foulée pour qu’Anakin puisse suivre le rythme.
« Où on va ? demande Anakin.
— Nulle part, répond Obi-Wan.
— Nulle part ? » Anakin lève la tête vers Obi-Wan, confus. « Pourquoi on marche, alors ?
— Juste pour marcher. Pour étirer nos muscles et faire circuler notre sang.
— On fait ça pendant l’entraînement au sabre laser, dit Anakin.
— Oui, mais c’est pour s’entraîner. Là, c’est pour marcher.
— Vous êtes vraiment bizarre », dit fermement Anakin, et Obi-Wan fait de son mieux pour ne pas rire à cette évaluation simpliste de lui-même.
Ils marchent encore un peu. Des speeders passent au-dessus et à côté d’eux, klaxonnent et planent juste hors de portée.
« Anakin, commence Obi-Wan, pendant que nous marchons, je voudrais que tu fasses quelque chose.
— D’accord », dit Anakin, prêt à accepter n’importe quelle tâche qu’Obi-Wan lui confiera.
« Je veux que tu réfléchisses à la façon dont le sol se connecte à tes pieds quand tu marches. Je veux que tu réfléchisses vraiment à cette sensation. Comment ça fait d’être connecté à la planète et de t’en détacher à chaque pas que tu fais ?
— D’accord », dit lentement Anakin. Il est clair à son ton qu’il pense toujours qu’Obi-Wan est bizarre, mais il prend une profonde inspiration et se concentre. Obi-Wan dissimule un sourire;
« Le sol est solide, dit finalement Anakin.
— Bien, dit Obi-Wan. Est-ce que tu peux le sentir supporter ton poids pendant que tu marches ?
— Oui. Je peux sentir l’impact de mes pas à travers la semelle de mes bottes.
— Bien, continue de te concentrer là-dessus encore un petit moment, puis passe lentement au reste de ton corps. Comment ressens-tu chaque pas, au niveau de tes chevilles ? »
Anakin reste silencieux, réfléchit à la question.
« Je pense que c’est fluide, sans à-coups.
— Et tes tibias ?
— Ils commencent à brûler un petit peu, mais en bien. Comme quand je fais la course avec Kitster sans m’échauffer avant.
— Très bien. Souviens-toi de respirer profondément Anakin. Tu seras capable de marcher plus longtemps si tu maintiens le niveau d’oxygène dans ton sang. »
Anakin inspire à fond, et à la joie d’Obi-Wan, prend l’initiative.
« Au niveau de mes genoux c’est fluide aussi, comme mes chevilles.
— C’est parce que tu as neuf ans et que tu ne les as pas encore détruits, marmonne Obi-Wan.
— Quoi ?
— Rien, continue, c’était très bien. Comment sont tes hanches ?
— Fortes, équilibrées.
— Bien. Maintenant pense à ta colonne. Chacune de tes vertèbres. »
Anakin raconte ce qu’il ressent.
« Pense à tes bras, à comment ils se connectent à tes poignets, et à comment tes poignets se connectent à tes mains. Comment sens-tu tes mains ?
— Celle-ci est froide, dit Anakin en agitant sa main libre. Celle-là est moite, ajoute-t-il en serrant la main d’Obi-Wan. Mais ça fait rien, je n’ai pas envie de me perdre. » Obi-Wan lui serre la main en réponse. Il ne sait pas si c’est le contact physique, mais leur lien semble plus étroit que ce matin.
« Sens l’air dans tes poumons. Tu respires toujours à fond, Padawan ?
— Oui, Maître. »
Ils continuent ainsi. Quand ils atteignent le sommet de la tête d’Anakin, Obi-Wan le fait reprendre du début, le guide une nouvelle fois à travers l’exercice. Ils recommencent encore deux fois avant que l’une des réponses d’Anakin ne change.
« Je crois que j’ai un peu faim, Maître, dit-il timidement.
— Moi aussi, admet Obi-Wan. Et si on achetait à manger ?
— Est-ce qu’on va rentrer et méditer après ?
— On pourrait, mais je ne pense pas que ce soit nécessaire, dit Obi-Wan.
— Pourquoi ?
— Puisque nous venons de finir notre méditation, je pense que ça serait superflu, pas toi ? »
Anakin stoppe tout net et regarde Obi-Wan avec une expression incrédule.
« Nous quoi ? »
Obi-Wan sourit à l’idée que sa ruse a fonctionné.
« Mon jeune Padawan, tu viens juste de compléter ta première méditation en mouvement. Alors, tu ne te sens pas mieux ?
— Je —
— On peut refaire ça demain si tu veux ? »
Toujours à court de mots, Anakin cligne des yeux.
« Anakin ?
— Oui ! dit Anakin avec enthousiasme. J’aimerais refaire ça.
— Bien. J’ai assez apprécié, moi aussi. Bon, tu as mentionné que tu avais faim ? »
Anakin acquiesça.
« Je connais un endroit pas loin, que je pense que tu vas aimer. »