Hey all,
Où quand notre futur Empereur se fourvoie, Maylena va-t-elle lui apporter la paix de l'âme?
Bonne lecture!
Fourvoiement
Le réveil fut plus difficile, la magie de la nuit s’en était allée et n’en ayant pas profité pour officialiser leur relation naissante d’un baiser, seule la gêne subsistait. Ne sachant pas trop comment se comporter, ils se levèrent rapidement, époussetèrent leurs vêtements s’adressant de petits sourires crispés et se séparèrent pour rejoindre leur chambre respective afin de se préparer à aller en cours. Sous sa douche, Jace se maudissait déjà de ne pas avoir saisi sa chance la veille, rendant la situation inconfortable au petit matin.
L’amphithéâtre était tellement immense qu’ils passèrent la journée sans se recroiser et eurent le temps d’évacuer l’embarras et de se concentrer uniquement sur les sentiments qu’ils avaient éprouvés la veille. Ce n’était pas la première fois que Jace n’était pas très attentif à ce que racontaient ses professeurs mais d’ordinaire, c’était parce qu’il était trop occupé à faire le malin pour impressionner les filles, non pas parce que ses pensées étaient obnubilées par l’une d’entre elle. A l’autre bout de l’édifice, il ne le savait pas, mais comme elle le lui raconterait plus tard, Maylena était dans un état semblable ; elle d’accoutumée si sérieuse, rêvassait en pensant à cette soirée passée sur la plage, ce moment romantique dont elle avait toujours rêvé.
Afin de se changer les idées, Jace finit la journée en compagnie d'Abess, certain que celui qui était son meilleur soutien depuis l’enfance parviendrait à le distraire de ses atermoiements. Ils retrouvèrent dans un bar le groupe de garçons qu’ils avaient rencontré à la fête et Jace passa la soirée à plaisanter et se vanter d’avoir conclu avec la brune alors que d'autres, quelques peu amers d’avoir perdu leur pari, rIaient jaune à ses fanfaronnades. Il jouait au macho, mais au fond de lui, l’étincelle que Maylena avait allumée était bien présente et toutes ses pensées étaient tournées vers elle. Alors qu'il rentrait chez lui après une soirée qu’il aurait qualifiée il y a peu de parfaite, il ne ressentait aujourd’hui qu’un sentiment de manque et de futilité en comparaison de ce qu’il avait vécu la veille. A peine eut-il fermé la porte de sa chambre qu’il s’affala sur son lit, souhaitant se plonger rapidement dans un sommeil qu’il espérait réparateur. Ce ne fut pas le cas.
Sa nuit fut peuplée de cauchemar où ses proches se confondaient dans des scénarios dramatiques, tous plus horribles les uns que les autres. Il était témoin de l’assassinat de son père perpétré par sa mère, se voyait les tuer, elle et Maylena, ou se faire supprimer par son père puis par Maylena. Abess, Yroskas et d’autres personnes dont il ne se souvint pas au réveil, tous s’entretuaient les uns les autres sans que cela ait le moindre sens, le tout dans un flou étrange et malsain dont il ne parvenait pas à saisir la symbolique. Le matin venu, trempé de sueur, le cœur battant à tout rompre et un goût amer dans la bouche, sa naïveté d’alors et sa maîtrise inexistante lui firent oublier ces songes qu’il rangea au titre de banal cauchemar. Malgré la sensation de malaise poignante qui l’habitait, il fut donc incapable d’en tirer un quelconque enseignement autre que la preuve qu’il s’était déjà attaché à Maylena et qu’il avait peur de la perdre avant même de vraiment la connaitre, au même titre qu’il avait perdu son père étant enfant et, dans une moindre mesure, sa mère, qui lui manquait plus qu’il voulait bien l’admettre, en déménageant sur Ferrhast.
Il se leva bien décidé à renouer le contact avec Maylena et partit en cours en avance pour attendre à l’endroit où ils s’étaient quittés la veille au matin, sûr qu’elle devrait passer par là pour se rendre à l'amphithéâtre. Il ne s’était pas trompé et, la voyant arriver de loin, entreprit de rebrousser chemin pour apparaitre, l’air de rien, à l’intersection au même moment qu’elle. S’apercevant de sa présence, elle l’interpella avec un sourire :
« Hey, bonjour Jace, comment vas-tu ? »
« Beaucoup mieux depuis les cinq dernières secondes ! » répondit-il, animé par la volonté de chasser toute gêne et de retrouver leur belle complicité sans perdre plus de temps.
« Oh, c’est mignon. Ta future femme t’a tant manqué ? »
« Une journée sans toi, c’est un cauchemar. »
Après avoir prononcé ces mots, il se rendit compte qu’il ne plaisantait qu’à moitié.
« Je suis touchée, très cher. » fit-elle, ironique. Lui accordant son plus beau sourire, elle reprit « Je dois dire que la réciproque est vraie. »
« Vous m’en voyez rassuré, ma promise. »
Une plaisanterie, des paroles légères, un rire, et l’atmosphère qu’ils avaient créée l’autre soir était de retour. Les jours passèrent et certaines habitudes s’installèrent. En plus d’apprendre énormément en cours, de participer à de grosses soirées un peu trop arrosées et de faire du sport avec Abess et leur nouveau groupe d’amis, Jace prit l’habitude de prendre quelque temps tous les soirs pour parler à Maylena, souvent au cours d’un diner. Depuis près de deux mois, ils étaient désormais comme des meilleurs amis à ceci près qu’ils étaient attirés physiquement et ne pouvaient passer une journée sans prendre des nouvelles de l’autre. Plaisante sensation que c’était de savoir l’autre toujours là pour soi, quoi qu’il arrive. Ils avaient quelqu’un à qui se confier, avec qui partager les événements et les joies ou peines de la journée. Ils n'étaient pas encore passés officiellement au stade de couple et ne pouvaient donc pas en arriver au stade dispute ou rupture, ce qui ne rendait toutefois pas leur relation idyllique pour autant. En effet, plus le temps avançait, plus il devenait compliqué de faire un pas dans ce sens alors qu’il leur aurait été si simple d’échanger un baiser le plus naturellement du monde lors de leur première soirée en tête à tête. Il appréciait la sécurité que leur apportait cette amitié mais au fil du temps, finit par trouver pesant qu’elle stagne et n’évolue pas vers une relation d’ordre plus intime. En effet, il ne pensait qu’à Maylena, se considérait avec elle et n’avait donc par conséquent pas approché une seule autre fille depuis son histoire d’un soir avec la brune volcanique. Il était content de ce qu’ils partageaient déjà mais voulait plus ; il était attiré par elle et cette attente qu’il avait trouvée si excitante et perçue comme un jeu à l’origine, finissait par le frustrer. Il ne lui avait jamais dit, mais il l’aimait, il le savait. Il voulait à présent qu’ils soient plus que de simples amis, ils avaient suffisamment fait durer cette mascarade et il était temps qu’ils forment un vrai couple. Il pensait qu’ils étaient prêts et quelles que soient les difficultés inhérentes à ce nouveau statut, il les attendait désormais avec impatience, voulait les affronter à ses côtés.
Maylena, elle, semblait avoir peur de franchir le pas. Lorsqu’il tentait de timides avances, elle paraissait effrayée de faire le grand saut et de perdre la relation simple qu’ils avaient bâtie et qui lui était si chère. Il le sentait, elle aussi le désirait et avait des sentiments pour lui. Cependant, ce qui avait le don de l’énerver, elle se posait trop de questions et préférait que leur relation stagne plutôt que de prendre le mauvais virage. Il y eut bien une fois où Jace crut entrevoir une possibilité lorsqu’elle lui proposa qu’ils retournent tous les deux, un soir, sous le palmier où ils avaient passé la nuit quelques semaine auparavant, mais il déchanta vite lorsqu’elle lui envoya une transmission sur l’HoloNet privé du campus pour le prévenir qu’elle ne pourrait pas venir, soit disant à cause d’un dossier sur une analyse des retombées de la « Grande Guerre de l’Hyperespace » pour la Galaxie, qu'elle devait terminer au plus vite.
Ce désistement fut de trop pour Jace, qui décida de mettre un terme à cette relation ambiguë qui lui apportait finalement plus de souffrance que de bien-être. Il lui expliqua donc dans sa réponse, que si elle ne voulait pas prendre du temps pour être avec lui, si elle ne voulait pas que leur relation évolue, il ne servait à rien qu’ils continuent à se voir, cela représentait juste une perte de temps. Il mit les formes et ne délivra pas son message sans une pointe d’humour afin de dédramatiser la situation, en parlant de divorce, poursuivant leur petit jeu Mari/Femme. Ce rappel de la complicité qu’ils avaient partagée n’était pas anodin et il espérait qu’elle était consciente de ce qu’ils allaient perdre. Certes une partie de lui était énervée par le comportement quelque peu lâche de Maylena et il était donc sérieux quand il lui disait que leur « amitié » était terminée. Cependant, et il en était conscient, une autre partie de lui espérait que ce message lui ouvrirait les yeux et la ferait réagir. Qu’elle comprendrait qu’à force de refuser de s’engager plus avant dans la relation de peur de la perdre, elle n’avait réussi qu’à y mettre fin et qu’il ne servait à rien de lutter contre l’ordre naturel des choses et la relation amoureuse vers laquelle les poussait leur affection. Ce message était pour lui plus un ultimatum que la véritable volonté de passer à autre chose.
Cette nuit-là, Jace ne trouva pas le sommeil, attristé et perturbé qu’il était par la décision qu’il venait de prendre. Il se sentait mal d’avoir abandonné cette relation si agréable, sur ce qu’il percevait comme un coup de sang. En outre, ce sentiment de malaise était amplifié par l’attente de la réponse, ou pire, son absence, de celle qui occupait ses pensées. Allait-elle abandonner facilement ou allait-elle reconnaître son erreur et leur permettre de passer une nouvelle étape ? Tenait-elle autant à lui qu’il tenait à elle, assez pour s’accrocher et ne pas tirer un trait sur eux ? Interpréterait-elle mal son message, le prenant pour un aveu d’indifférence d’un homme lassé d’attendre pour coucher, la laissant tomber, aucun sentiment ne le retenant auprès d’elle ?
Toutes ces questions et bien d’autres encore allaient et venaient dans sa tête, sans que le temps ne leur apporte aucune réponse. Après plusieurs heures passées à ruminer et à se tourner et se retourner dans ses draps, Jace finit par s’endormir d’épuisement. A son réveil, il se rua sur son datapad pour vérifier s’il n’avait pas de nouveau message. L’espace d’un battement de cœur, il fut soulagé de voir que depuis la veille au soir, Maylena avait pris le temps de lui écrire. Cet apaisement fut éphémère, immédiatement remplacé par l’appréhension de ce qu’il allait y trouver. La lecture de ce message allait-elle sonner le glas de leur relation naissante ou bien marquer un nouveau départ et le début d’une belle histoire d’amour ?
N’osant trop s’y résoudre, il finit tout de même par se forcer à lire le message :
« Mon cher Jace,
Je ne sais pas trop par où commencer... Si j'ai bien compris, tu ne veux plus du tout m’adresser la parole, ne veux plus rien avoir à faire avec moi. Crois-moi, je ne vais pas tout laisser tomber comme ça. Je n’ai pas envie qu'on se perde de vue.
Je voulais tout d'abord m'excuser, je suis sincèrement désolée. J'ai vraiment été naïve et égoïste, je l’avoue... Je regrette vraiment d’avoir empêché notre relation d’évoluer. Tu te fiches peut-être de l'explication, mais j’avais peur de perdre ce que nous sommes, notre complicité, ce que nous ressentons l’un pour l’autre. J’avais peur de te perdre et paradoxalement, c’est toute l’affection que j’ai pour toi qui m’empêchait de me livrer totalement.
Je ne sais pas si je suis très claire, tout ça pour te dire que je serai énormément peinée que l’on s’arrête là par ma faute... Je t’aime beaucoup et tu le sais, sinon je n’aurai pas plaisanté avec toi en disant que tu étais mon mari et tout le reste...
Donc ça prouve que tu comptes pour moi, non ? Sur ce, je te laisse, je ne vais pas t’ennuyer plus longtemps... J'espère vraiment que tu accepteras de me reparler et que tu liras ce message avant de l’effacer... Je voulais que tu saches que j’avais ouvert les yeux et que je suis prête à aller de l’avant, donc... Mais c'est à toi de voir.
Avec toute mon affection,
Maylena »
A son grand soulagement, ce fut donc la solution heureuse qui prima et une vague de joie s’empara de lui, le remplissant d’une douce chaleur et le comblant d’aise. Il s’était rarement aussi bien senti dans sa peau qu’en ce moment précis.
Par chance, il n’y avait pas cours ce jour-là et Jace entreprit aussitôt d’envoyer un message à Maylena en lui proposant un rendez-vous à Yrleveb, pour déjeuner en terrasse de la fameuse chaine de restaurant de luxe Goodvalor, qui avait été ouverte des millénaires plus tôt par le héros reconverti en homme d’affaire, le Capitaine Benegryph Goodvalor. Ce Snivvien devait avoir un sacré égo de son vivant, car bien qu’il soit décédé depuis des lustres, chaque restaurant Goodvalor comptait sur ses menus gastronomiques, un encart narrant les exploits de leur fondateur durant la campagne de Serroco et autres batailles des Guerres Mandaloriennes.
Jace cassait sa tirelire à l’inviter dans un restaurant si chic où tous les pontes de la planète se retrouvaient pour discuter affaires ou loisirs autour d’un excellent repas, mais il souhaitait faire les choses en grand pour lui prouver son amour et sa joie qu’elle devienne enfin plus qu’une simple amie.
Lorsqu’il reçut une réponse lui confirmant qu’elle acceptait le rendez-vous, il se rendit dans sa salle de rafraichissement, se permit le luxe de se laver en prenant un bain à l’eau plutôt qu’une douche sonique et mit une bonne heure à soigner son apparence. Après un regard suffisant à son reflet dans le miroir et un petit sourire satisfait à son visage qu’il chérissait tant, il enfila sa plus belle robe écarlate et sortit, se dirigeant sous le soleil vers Yrleveb.
Plus il se rapprochait du lieu de rendez-vous, plus un nœud se formait dans son estomac. Le doute l’assaillit soudain. Certes elle lui avait fait part de sa volonté de se laisser aller, mais tout cela n’était qu’écrit, leurs retrouvailles après avoir failli se quitter pour de bon risquaient de susciter leur lot de gêne. Comment pouvait-il faire pour éviter cela ? Allait-il lui parler, la prendre dans ses bras, l’embrasser ?
Marchant d’un bon pas malgré son appréhension, il arriva pile à l’heure prévue sur la place située entre la plage et le restaurant. En son centre, se trouvait une fontaine dotée d’une statue du Capitaine Goodvalor écrasant des Mandaloriens qui crachaient de l’eau par la visière de leur casque. Et à cet instant précis, il la vit. Elle était là, assise à l’attendre contre le rebord de la fontaine. Faisant face à la mer, elle avait les yeux fermés, le visage baigné par la lueur dorée du soleil de midi qui inondait la place. Jace eut le souffle coupé par sa beauté. Il s’arrêta un instant pour profiter de cette vue, la plus belle qui lui ait été donnée de voir dans cet univers, et fit tout son possible pour qu’elle s’ancre à jamais dans son esprit. Maylena était splendide et avait le visage apaisé de quelqu’un qui vient enfin de prendre une décision difficile tout en sachant qu’il a fait le bon choix.
Jace sentit la boule de son ventre se défaire et au plus profond de lui il savait qu’il n’y avait qu’une seule chose à faire. Profitant quelques secondes encore de cette vision de paradis, il se dirigea vers elle avec toute l’assurance qu’il lui était possible de rassembler. Lorsqu’il ne fut plus qu’à deux pas, son ombre se propageant sur elle lui fit prendre conscience de sa présence. Ouvrant lentement ses yeux d’une époustouflante beauté sous le reflet du soleil, elle lui sourit simplement, dissipant ainsi tout doute ou toute gêne persistant dans le cœur de Jace, et se leva. Pendant ce laps de temps, Jace était arrivé à sa hauteur et après un dernier regard plongeant dans les yeux de Maylena, fit ce qu’il aurait dû faire bien plus tôt. La prenant dans ses bras en une étreinte passionnée, il l’embrassa avec toute sa fougue, tout son amour et tout ce qu’il avait de bon en lui.
Il n’avait jamais pris autant de plaisir à embrasser une femme, peut-être était-ce parce qu’il ne l’avait jamais fait par amour, qu’il n’avait jamais autant attendu et espéré que ce baiser vienne. Ce qui commença en une brève pression de leurs lèvres l’une contre l’autre, symbole de leur nouvelle entente tacite et de leur volonté d’aller plus loin, se transforma en un long et doux baiser langoureux dans lequel ils se perdirent tous deux. Perdant toute connexion avec l’extérieur, vivant uniquement dans la puissance de l’instant présent et de ce baiser si longtemps désiré et si longtemps repoussé, ils savourèrent ce moment d’ivresse et de volupté.
Lorsque leur enlacement prit fin, ils se regardèrent amoureusement et Jace déposa un baiser protecteur sur le front de sa compagne. Elle enfouit sa tête dans son cou ; il la serra contre lui et lui chuchota à l’oreille les trois mots qui lui brûlaient la bouche et le cœur depuis qu’il l’avait rencontrée.
« Je t’aime. »
Elle ne lui répondit pas, mais Jace sentit au fond de lui que c’était parce qu’elle en était incapable, trop étranglée par l’émotion. Il pouvait ressentir les vagues de son amour qui émanaient d’elle.
Ils restèrent un moment ainsi, blottis dans les bras l’un de l’autre en une étreinte de bien-être, puis finirent par relâcher la pression et se regardèrent avec l'œil neuf du jeune couple qu’ils formaient désormais.
Le naturel plaisantin de Jace reprenant le dessus sur l’aspect émotif du moment, il lança d’un air goguenard :
« Bon, c’est bien beau tout ça, mais je commence à avoir l’estomac dans les talons ! ».
Lui offrant son bras, il entraina sa belle en direction de l’entrée du restaurant.
Le repas était succulent et Jace n’apprit que plus tard que par un heureux hasard, les restaurants Goodvalor étaient parmi les préférés de Maylena, qui était aux anges devant cette nouvelle preuve de leur analogie. Ce moment fut simple et plaisant, même si entaché par un intermède cocasse lorsqu’une femme à une table voisine se mit à parler très fort tout en se levant de son coussin répulseur et en gesticulant pour appuyer ses propos. Ses élucubrations portaient sur l’achat d’un landspeeder au cours duquel son mari se serait fait avoir par un commerçant. Cette agitation était incommodante, ne convenant pas à un déjeuner en tête à tête ni à un restaurant de ce standing mais la femme en question devait être quelqu’un d’important, car aucun membre du personnel n’intervint pour lui intimer de se faire plus discrète. Encore une fois, Jace avait une preuve que le pouvoir permettait de prendre la vie comme on le souhaitait et de tout faire selon ses désirs sans se soucier des nuisances engendrées pour autrui.
Malgré tout, ils prirent le parti d'en rire, rien ne pouvait gâcher cette journée mémorable. Afin d’éviter de supporter plus longtemps les jérémiades de leur voisine, Jace paya l’addition et entraina sa compagne à sa suite, partant se promener le long du bord de mer.
Jace était aux anges. Le ciel n’avait jamais été aussi bleu ni la vie aussi belle, il était pleinement satisfait d’être là, en ce moment précis, mais aussi d'être venu au monde dans cet univers. Il était tout à sa joie, oubliant un instant les regrets, rancœurs et autres démons qui pullulaient en son âme. La journée s’écoula, parfaite, au gré de leurs allées et venues dans Azibi City, passant d’Ylreveb à Ria Leb. Il lui fit visiter tous les coins qui lui étaient familiers suite aux voyages qu’il avait faits sur Ferrhast avec sa mère par le passé, et elle lui montra l’hôtel luxueux où son père venait souvent passer les vacances lorsqu’il était plus jeune et où elle avait passé ses vacances en de rares occasions. Durant leur promenade, ils croisèrent même un ami de Jace, qu’ils quittèrent rapidement afin de rester dans leur cocon, leur petit coin de paradis à tous les deux. Cette journée leur appartenait, à eux et à personne d’autre.
Lorsque la nuit tomba, ils rentrèrent à la chambre de Maylena et, pris d’une fièvre incontrôlable, commencèrent à se perdre dans une étreinte torride. Leurs mains avides et câlines couraient sur le corps de leur partenaire. Ils étaient dans un état de plénitude intense, chacun cherchant à couvrir de caresses le corps si désiré de l’autre qui s’offrait enfin à eux. Jace voulait submerger de baisers chaque centimètre du corps de Maylena, l’apprendre par cœur afin d’être capable de le redessiner même en rêve. Cela n’avait rien à voir avec les nuits passées en compagnie de ses conquêtes précédentes, il avait l’impression de faire l’amour pour la première fois, d’enfin comprendre la signification de ce terme.
Lorsqu’arriva le moment où ils n’allaient enfin faire qu’un, leurs deux corps unis comme ne faisant qu’un, vibrant à l’unisson en symbole de la fusion de leur âme et l’entrelacement de leurs destinées, Maylena eut un petit air apeuré et lâcha dans un souffle :
« Ce… c’est la première fois… Je… J’attendais… Je t’attendais toi… »
Cette révélation ne le surprit qu’à moitié, elle était si pure, si parfaite, si respectable. Conscient du privilège incommensurable qu’il lui était donné d’être le premier à qui elle offrirait son corps alors qu’elle était l’unique femme qu’il n'ait jamais aimée, Jace lui adressa un sourire tendre et rassurant avant de lui embrasser doucement le cou pour la détendre. Elle était si forte, si étonnante de s’en tenir à ses principes et d’attendre l’arrivée d’un garçon qui l’aimerait vraiment, qui lui ferait l’amour pour ce qu’elle était et non juste pour son corps, qui lui chuchoterait son amour simplement, le plus naturellement et sincèrement du monde, pour la rassurer avant de passer à l’acte. Il était touché au plus profond de lui par ce nouveau savoir qui s’offrait à lui et qui expliquait bien des choses : sa difficulté à aller de l’avant, sa peur d’aller trop vite, de le perdre, de faire le mauvais choix, de ne pas penser être capable de lui donner ce qu’il attendait d’elle, sa crainte de se tromper sur son compte et de perdre sa virginité au profit d’un homme n’ayant que faire d’elle en plus de s’être fait manipulée. A la lumière de cet aveu, il lui pardonna tous ses doutes et se maudit pour son insensibilité, son égoïsme et son incapacité à la comprendre parfaitement et ce, même s’il la connaissait mieux qu’il ne le croyait.
Il lui fit l’amour plus tendrement et plus câlinement qu’il s’en serait cru capable. Il ne fut que douceur, tendresse, attention, affection et amour pour sa compagne. Il fut surpris de constater que malgré sa peur initiale, elle fut aussi comblée sinon plus que la plupart de ses partenaires habituelles. Pourtant, il ne s’était pas comporté comme à l’accoutumée et avait laissé sa sauvagerie primaire et bestiale au placard. Cette nuit-là, il ne ressentit pas la chaleur torride empreinte de puissance qui lui procurait une sensation de domination et de pouvoir. Il n’eut pas l’impression d’avoir séduit Maylena afin de coucher avec elle, mais plutôt que leur étreinte était le fruit naturel de leur amour réciproque. Il n’avait pas cherché à se venger sur elle des manques et autres mal-êtres qui peuplaient sa vie, ni pensé une seule seconde à la voix. Il s’était laissé aller et s'était donné à sa partenaire, abandonné à ses caresses, lui faisant cadeau de son âme et de la totalité de son être. Il n’avait pas un seul instant laissé libre cours à ses instincts brutaux et agressifs qui, d’ordinaire, le laissaient lessivé et accompli ; pourtant, lorsqu’il s’endormit, il se sentit plus serein et apaisé que jamais.
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