Booster, d'abord au sujet de la lecture référentielle selon MRHA et selon ta compréhension : il dit "souvent" et tu dis "cas particulier" et pour un peu il n'y aurait qu'une seule personne concernée...
Quelqu'un qui ne fait qu'une lecture référentielle, il reste dans l'oeuvre, et ensuite il dit que TPM est nul, raté, chiant, à côté de la plaque, qu'il lui manque plein de trucs, parce que ce spectateur aurait aimé que TPM soit un prolongement "référentiel" de starwars. Il l'est dans l'histoire mais pas dans le second degré du scénario, cad l'aspect introspection, les métaphores, etc.
La tendance sur ce forum est aux djeunz, soit, je me djeunize. Montre un Kurosawa ou un Kubrick "connu" à un djeunz : il va dire que c'est chiant. Forcément, il ne se passe pas grand chose puisque les films sont à mi-distance entre lecture référentielle et critique. Voire plutôt du côté critique lol. (souvenez-vous, 2001, Eyes wide Shut, les moments de réflexion de Ash dans Avalon, ou encore de la moitié de Apocalypse Now...)
Pour TPM il suffit qu'on ressorte un ou deux sujets pour juger de la quantité de personnes qui ont dit des scènes "sans action" qu'elles sont ennuyeuses à mourir. (le dîner) (oui c'est peu mais on peut pas leur demander d'être intelligents en plus

).
Idem pour la romance d'AOTC. Idem pour les blagues de Jar Jar qui "rallongent le film inutilement" (ajouter du temps inutil, c'est bien être chiant, non?).
Donc on peut dire "tous" mais tu trouveras forcément des exceptions, alors mieux vaut dire "souvent" ce qui équivaut à "tous moins les exceptions".
Donc le référentiel peut aller trop loin et raconter des conneries, mais pas le critique?
Le référentiel ne raconte pas de conneries, il se contente de divaguer. Il va trop loin "dans son monde". Le critique peut aller trop loin, naturellement, s'il analyse mal. D'ailleurs à part Lucas lui-même (et encore) j'imagine que personne ne peut réussir à 100% une critique des starwars. On met forcément notre part de subjectivité dans une critique, mais c'est pas pour autant une subjectivité référentielle. Moi je suis Yann, j'aime les effets spéciaux, dans mon appréciation critique des films starwars, j'aurai toujours tendance à mettre en avant les effets spéciaux et la façon révolutionnaire que Lucas a eu de les créer et les utiliser.
Maintenant tu penseras peut-être que je vais trop loin en disant "révolutionnaire". Mais une lecture critique n'a pas le même fonctionnement social qu'une lecture référentielle ensuite... Puisque la lecture critique est basée, à priori, uniquement sur un raisonnement logique. Donc comme personne n'est obligé de faire une lecture critique seul, on parle, et tu me démontres que je me suis trompé, je rectifie, et on continue.
Le critique peut "s'enfermer" dans son monde de critique aussi (disons qu'il ne pense plus qu'à critiquer). Mais l'avantage est que pour critiquer il nécessite un apport extérieur (à moins d'avoir le savoir absolu, ce qui n'est le cas de personne). Donc le critique va mettre en relation le film qu'il analyse et d'autres connaissances, qu'il devra obligatoirement agrandir s'il veut continuer.
Le référentiel continue dans l'histoire, se faisant un monde. Lui ne nécessite pas forcément d'apport extérieur. Se contenter d'absorber du référentiel toute sa vie ça suffit à bon nombre de personnes, mais ça ne cultive pas beaucoup le savoir, et en découle une créativité moindre. (sauf qu'évidemment il sera créatif au niveau référentiel, en y apportant sa propre part de subjectivité).
Le cas classique du référentiel classique est l'auteur de fanfic qui raconte sa vie de façon métaphorique. Même sans le savoir ("je me suis inspiré de tel livre" -> oui, tu as choisi ce livre). Et raconter sa vie de façon métaphorique en la transposant dans le référentiel, et en l'édulcorant de quelques trucs à la mode pour que tout ça fasse un livre acceptable ou génial, il n'y a pas besoin d'être extrêmement créatif pour faire ça.
MRHA : " le cinéma à une vocation immersive et peut-etre de divertissement (encore que là, j'ai des doutes)".Booster : Tu pourrais développer un peu, parce que je concois mal le cinéma sans son aspect divertissement. Je parle du cinéma dans son ensemble, je parle pas de cas particuliers comme les documentaires etc.
MRHA parlait de "la vocation du cinéma depuis la base de son existence". Ce n'est pas parce que la majorité des films qui font entrer des gens dans les salles sont dits "divertissants" que le cinéma n'a pas d'autre vocation. Un film peut avoir une vocation éducative, révolutionnaire, réformiste, une vocation d'expression... Je dirais même qu'un scénariste digne de ce nom *sait* qu'un film n'est pas que du divertissement.
Là j'aimerais vraiment que les auteurs de fanfic viennent donner leur avis. Je n'en fais pas parti mais je juge leur travail beaucoup plus créatif que la mise en relation "bataille de Yavin - bataille d'Angleterre".
Si tu as bien compris le reste je ne devrais pas avoir à argumenter, mais allons-y un peu tout de même.
L'auteur de fanfic accomplit essentiellement un travail d'introspection. Admettons qu'il écrit parce qu'il a des idées et qu'il desire en faire part au monde. (rappelons qu'il existe aussi des auteurs qui ont une ou deux idées et pour qui le reste est un remplissage pénible et fastidieux) Cet auteur nous raconte sa vie. Effectivement il nous apporte son histoire, mais qu'est-ce qu'il a créé? Une nouvelle planète? Une nouvelle identité cachée pour Boba Fett? Un nouveau héros qui domine le côté obscur et est capable de s'en sortir? La créativité ne se mesure pas au nombre de pages mais plutôt à la quantité de concepts produits, non?
Les auteurs de fanfics qui arriveront à trouver le concept "fort" qui sortira leur fanfic de l'anonymat, ce sont les auteurs qui font une lecture critique à un moment donné. (ou alors, "pouf" ça germe comme ça dans l'esprit, en fonction de leur subjectivité, leur histoire, bref, ils racontent leur vie).
(pour être franc je ne parle de fanfics qu'en fonction de ma propre expérience, ou alors je parle des travaux d'auteurs plus globalement, les auteurs de fanfics en étant evidemment).
Pour arriver à être vraiment créatif, un auteur doit "travailler" en se documentant. En jouant au critique, quoi.
Pour ce qui est de la bataille d'Angleterre, Booster, c'est une boutade amusante.
Mais la lecture critique de "la menace fantôme" implique une observation réfléchie de :
-le scénario. Ce qui constitue une analyse "littéraire", que le scénar soit extraordinaire ou pas. C'est déjà ici une analyse qui équivaut, dans une moindre mesure, à celle d'un livre. (le style en moins surtout)
-le jeu d'acteur (voix, gestes, autres...)
-la mise en scène
-le montage
-les trucages
-l'analyse de la production graphique (décors, éclairages, costumes)
etc.
Alors scuz-moi mais rien que par rapport au nombre de domaines abordés, la lecture critique d'un film apporte à elle toute seule plus de portes que la lecture référentielle et la possible écriture de fanfic qui suivra.
Quand tu as fait une analyse détaillée de tpm, par exemple au niveau effets spéciaux, tu peux avoir toi aussi envie d'expérimenter. Puisque ça te donne des idées, vu que tu mets ça en relation avec d'autres choses que tu connais déjà.
Tu as le choix de "rester dans le référentiel", et "limiter ta création" à l'invention de concepts forts pour un livre. Tant qu'on parle de fanfic (c'est toi qui as commencé lol) je pense qu'on reste dans le référentiel "starwars" et donc on touche un public particulièrement ciblé, cad les gens qui aiment starwars, et des gens aimant les écrits amateurs.
Tu peux aussi laisser le référentiel starwars de côté, et te mettre à faire des photos par rapport à ton observation de starwars. Alors tu seras logiquement ammené à communiquer avec d'autres personnes faisant de la photo. Tu découvriras leur travail, ils découvriront le tien, de ces liens naîtront de nouveaux projets, etc.
Si tu prends la totalité de "starwars" en analyse critique, alors tu peux aussi bien en profiter pour t'intéresser à l'histoire (contemporaine ou passée), à la photographie, à la bande dessinée, à la littérature, au cinéma (et là ne me dis pas que c'est restreint lol), aux effets spéciaux, à l'infographie, à la biologie, aux sciences (on l'a tous vu avec les clones ou les dinosaures hein), à l'humanité, aux courses de voitures, au doublage de film, à la comédie, à la musique classique...
La différence principale que je vois est qu'un auteur de fanfic se limite à un public que j'estime à 99% starwarsien, alors que quelqu'un qui créé dans un domaine non référentiel (puisqu'on parle bien de l'analyste à la base) sort de starwars pour le plaisir.
Je viens de penser qu'une possible méprise peut avoir eu lieu sur les objectifs du spectateur à lecture critique. A mon sens il ne critique pas "pour rien". Analyser, ça finit toujours par donner des idées, même involontairement.
La déf de "créatif", la mienne, c'est quelqu'un qui produit de nouveaux concepts. Un artiste, si on veut, ou un inventeur (quelquefois la différence est invisible entre les deux).
Le non créatif peut être un "technicien" hors pair (un artisan) qui reproduit quelquechose, ou qui exécute un travail sur commande, parfois avec une perfection divine. Mais il n'invente rien.
Je suis pour la liberté d'expression : je vous laisse choisir si vous voulez ou non vous exprimer.